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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 15:20


    ... qui (je le cite) propose de nourrir les méditations des choristes jusqu'à la prochaine répétition. Un conseil: ayez un dictionnaire à portée de main, il risque de vous être utile! 

   Et si vous avez une loupe, ce sera très bien aussi...

Article Libé

   Et pour faire bonne mesure, quelques extraits d'un long article  paru en 2009 dans "filigrane" n°20. Il a été écrit par un éminent spécialiste, que voici:


                     arton10             Bonne lecture!

 

  Des propositions d’archipels.

Rythme, son et écriture au Moyen - Age. 

 

(paru dans la revue Filigrane, n°10, 2d sem. 2009)

 

   Par Olivier CULLIN,  Professeur de musicologie médiévale à l’Université de Tours et chercheur au CESCM (Poitiers)

 

   La musique, par essence temps et rythme, nécessite-t-elle une écriture ? La réponse est laconique et négative en ce qui concerne le monde médiéval. Aucun manuscrit noté ne joue au Moyen Âge le rôle d’une partition, cet espace où est consignée une oeuvre destinée à être lue pour être interprétée. Tous les manuscrits musicaux notés sans exception contiennent une musique déjà connue, mémorisée par coeur, entérinée par une pratique rituelle - liturgique ou non  - qui précisément la légitime par la répétition en un lieu et un espace donné et lui donne ainsi corps et sens. Reprenant ainsi une longue tradition mêlant les héritages gréco-latins et sémitiques, la musique est revêtue de sacré et de mystère.

  Pourquoi le besoin de l’écrire s’est-il fait ressentir et comment cette naissance, en instaurant inévitablement un nouveau rapport entre la vue et l’ouïe, s’est conjuguée avec ce mystère sans forcément le dénaturer et paraître sacrilège ? Dépassant l’antinomie de nature de ces moyens, le Moyen Âge marque une étape cruciale dans l’histoire culturelle et musicale de l’Occident en rendant plausibles le signe écrit comme métaphore du mouvement sonore, l’écriture comme voie d’accès au musical…

 

   … Quand saint Augustin définit la musique comme scientia bene movendi, scientia bene modulandi, il est à peu près clair qu’il parle de la musique comme un art du mouvement, d’un souffle-mouvement dans le corps tout à la fois expression et lieu d’impression de la forme. En ce sens, on ne s’écarte guère de l’approche antique, celle du monde gréco-latin qui unissait dans le mystère de sa conception et la genèse de sa révélation, la musique et la danse . S’il n’y a pas vraiment de différence entre parole et musique, parole et danse, c’est parce que l’essence du mouvement est la même : un mouvement naturel, incorporé, gratuit en quelque sorte, fécond et obscur dans ses contours qui s’oppose au mouvement de l’artisan, mouvement utile, conscient, matériel .  L’absence de différence ne stipule pas pour autant que toute parole est musique (au sens contemporain), mais les deux se rejoignent dans « une science du mouvement harmonieux »…

 

   …« La voix chantée par rapport à la Parole lue a ceci d’être “une force de déplacement” faite de conviction oratoire qui donne au texte sa totale puissance et la perception globale et immédiate de toutes ses significations […]. Premièrement, la pratique du chant nécessite le recours d’une mémoire active – mémoire du texte, mémoire de la mélodie –, et cet effort joue contre tout sentiment de perte. Deuxièmement, l’expérience du chant est le lieu d’un bonheur sensible qui marque son affect à un moment donné qui n’est plus perdu. Ainsi, en dépit du caractère éphémère et volatile du son, la voix chantée, dans sa marque, rend palpable et perceptible l’irruption d’un temps “autre” fait d’affect et de mémoire qui autorisent la conservation des messages entendus. Le chant imprime une image sonore qui, en s’intériorisant, découvre un espace perçu dans une autre dimension que celle strictement chronologique ».

 

   Du même auteur, extrait de l’article « Voix de la Vierge, voix des anges », in Musique, filiations et ruptures, Paris, Editions de la Cité de la Musique, 2005

 

  Si vous êtes intéressés par la version intégrale de cet article, faites-moi signe, je vous l'enverrai avec plaisir.

 

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